« Quand je serai président, je viendrai chercher Khalifa Sall à Rebeuss » : La bourde anti-républicaine de Idy ?

Après l’épisode tumultueux de Bakka et Makka, suivi d’un silence radio contrôlé et d’un début de sortie de léthargie, Idrissa Seck, jadis connu pour sa prestance et sa maîtrise de communication en direction des technocrates et des foules, a encore défrayé la chronique avec une « bévue médiatique ».  Il a déclaré, sur le ton de l’ironie, que quand il sera président, il viendra chercher le condamné Khalifa Sall à Rebeuss. Quoiqu’on ne puisse lui imputer l’exclusivité de la bourde anti-républicaine, regardez du côté du candidat Me Madické Niang par exemple.

Idy a promis ainsi de sauver Khalifa Sall de l’échafaud rebeussois, quitte à froisser la théorie universelle de la séparation des pouvoirs si chère John Locke et à Montesquieu. Dans un contexte sénégalais où ce principe traîne une forte odeur de soufre, n’y avait-il pas plutôt matière à rassurer les Sénégalais quant au retour de l’orthodoxie républicaine dans toute sa vertu, en particulier venant de ces mêmes politiques qui n’ont eu de cesse d’en dénoncer la non observance.

Idrissa Seck, l’homme aux stations, peint comme un orfèvre de la bonne gouvernance et chantre de l’orthodoxie administrative, n’a –t-il pas fait une bourde dans sa communication en déclarant que s’il est élu, il va venir chercher Khalifa Sall à Rebeuss pour le libérer. Qu’en est-il du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs si cher à John Locke et à Montesquieu ?

Populisme et ironie, un cocktail anti-républicain corrosif et explosif. Suffisant pour des voix se lèvent pour se poser des questions légitimes par rapport à la séparation des pouvoirs, principe assez malmené par les temps qui courent.

D’abord, le journaliste Babacar Fall de la RFM, ce mardi matin mais aussi l’imam Ahmad Makhtar Kanté, qui tous les deux, se sont questionnés sur la séparation des pouvoirs et l’inféodation du Judiciaire à l’Exécutif.

«  Est-ce que c’est compatible avec la séparation des pouvoirs que de dire: si je suis élu, je vais faire libérer un tel ou un tel? », s’est interrogé l’imam de la mosquée de Point E sur sa page facebook. Tout comme le journaliste de la RFM qui a commenté la sortie de Idrissa Seck en brandissant la question légitime de la séparation des pouvoirs.

Pour faire dans l’esprits des lois, il faut savoir que « la théorie de la séparation des pouvoirs élaborée par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755), vise à séparer les différentes fonctions de l’État, afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice de missions souveraines ».

« Si cette théorie est souvent invoquée dans les régimes démocratiques, elle a été plus ou moins rigoureusement mise en pratique. La France a, pour sa part, développé sa propre conception de la séparation des pouvoirs, fondée sur la limitation des attributions de l’autorité judiciaire à l’égard de la puissance publique ».

Et au Sénégal, on a toujours noté un mimétisme juridique du modèle français. Aussi, comment un candidat à la présidence de la République du Sénégal peut-il promettre de sortir de prison un Sénégalais condamné par les institutions ? Et au nom de quelle souveraineté et de quelles attributions républicaines ?

En effet, la justice sénégalaise a confirmé le jugement rendu en première instance à l’encontre de Khalifa Sall, ex-maire de Dakar et candidat recalé à l’élection présidentielle de février 2019 par le Conseil constitutionnel.

Rassurez-nous chers candidats en ces temps où l’on vous entend un peu partout, où l’on vous sent « proches » de nous autres du peuple. Rassurez-nous que vos propos ne relèvent que d’un simple…raccourci langagier !

Massène DIOP Leral.net

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