Fête du 31 décembre- Amoureux plaqués, coups et blessures, spectacle et scènes de jalousie… : La revanche des garçons renverse la tendance

La Saint Sylvestre, appelé « le 31 décembre » est une fête privilégiée des jeunes garçons et filles. Souvent, des spectacles ou scènes de jalousie s’invitent au lendemain de cette fête avec des coups et blessures. Autrefois, les jeunes filles trouvaient l’astuce pour fausser compagnie ou planquer leurs mecs. Mais, la tendance a changé de camp depuis quelques années. Aujourd’hui, constate-t-on, c’est les filles qui sont victimes de cette pratique. Enquête…

Le 31 décembre, dernière fête de l’année, est l’occasion pour les jeunes garçons de fêter en communion avec leurs dulcinées. Lors de la célébration de cette fête, c’est les garçons qui étaient en général les victimes. Ces derniers payaient toutes les accessoires des filles, espérant sortir avec elles. Mais, à la dernière minute, beaucoup se voyaient trahir par leurs reines ou élues du cœur. Cette pratique commence à changer depuis quelques années. Les filles se voient « plaquer » à la place des garçons.

Certaines personnes, approchées par Leral, évoquant la liberté, dont font montre les jeunes filles, semblent considérer que, c’est elles, qui sont à la base de ce changement de tendance. « Les garçons ne courent plus derrière les filles. C’est plutôt, les filles qui courent derrière les jeunes garçons. Il y a beaucoup de filles qui se voient « plaquer » le jour de la fête. Puisque l’offre permanente et la disponibilité ou l’accès facile aux filles, font que les garçons ont plusieurs copines. Maintenant, c’est aux filles de se battre pour être l’élue de la nuit du 31 décembre », a confirmé Fatima Bathily, étudiante en 2e année de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Ainsi, elle estime qu’ « avant, c’était très difficile pour avoir une copine. Maintenant, constate-t-elle, les filles sont devenues les esclaves de l’argent. Conscients de cela, relève-t-elle, les garçons font le malin et se permettent même, de « plaquer » plusieurs filles sans se soucier de l’après fête« . « Le 31 décembre ne se fête plus comme avant, les garçons ne se fatiguent plus pour être accompagnés. Certains, préfèrent même, aller se souler que d’être accompagnés. Ils ont trop souffert, c’est leur tour de vengeance », s’indigne Salimata Bèye, gérante d’un salon de coiffure à Ouest-Foire.

Le prix de la trahison

La vengeance semble être normale pour certains hommes. Puisqu’il était très difficile de s’assurer de la présence d’une dulcinée à la soirée du 31 décembre. Mais, les femmes qui brisaient le rêve d’une fin d’année agréable aux garçons, perdent le contrôle. « Je me rappelle avoir assisté une scène très regrettable à 3 heures du matin. Il s’agissait d’une jeune fille qui subissait la furie de son homme, plaqué. Le jeune homme très remonté avait réussi, à la déshabiller. Mais, il insistait pour couper les mèches de sa tête. Déterminé, malgré l’intervention de bonnes volontés qui assistaient à ses brimades, il refusait de laisser la fille rentrer chez elle, avec la tenue et les cheveux, achetés de son argent », raconte Momar Faye, chauffeur de taxi.

D’après lui, le gentleman blessé dans son orgueil, signalait à l’assistance qu’il était passé vers 21 heures dans la maison familiale de sa dulcinée, pour avoir une idée du niveau de sa préparation à la soirée du 31 décembre. Surpris puisqu’il a trouvé son amour sous une couverture, faisant sembler de grelotter. Celle-ci lui déclarait avoir des maux de tête atroces. Devant cette situation imprévue, il s’est résigné à aller seul, à sa soirée.

Mais, vers 1h 30 mn, accompagné d’un de ses amis, il avait aperçu la silhouette de sa dulcinée entre les bras d’un autre homme, dans une boîte de nuit. Préférant ne rien dire pour attirer l’attention de la fille, il a rebroussé chemin pour revenir sur ses pas. Très patient, il a attendu longtemps, le retour de la fille à l’angle de sa maison familiale. La fille de retour à sa soirée, narre-t-il, s’est retrouvée nez-à-nez avec le jeune blessé dans son amour. « C’est de là que le jeune homme a commencé à l’abreuver d’injures, tout en exigeant ses habits et ses cheveux. Nue comme un ver de terre, elle pleurait de chaudes larmes. Et, n’eut été l’intervention d’un groupe de jeunes, dépassés par l’évènement la fille ne serait pas rentrée chez elle, comme elle en était sortie », a regretté le taximan, témoin des faits.

D’autres jeunes approchés dans le cadre de cette enquête, trouvent que les filles sont à la base de cette évolution. A force d’exprimer cette forme de trahison, les hommes ont développé des stratégies de défense. « Nous exposons l’argent pour les attirer. Une fois, dans les mailles, on déroule pour le reste. Tant que tu as de l’argent, tu peux te permettre de « plaquer » une fille sans conséquence. Sans vergogne, elle reviendra toujours à cause de l’argent », prévient Alex Guèye, rencontré à côté du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.

Avec son accoutrement taillé sur mesure, barbe élégamment coupée, le jeune homme reste d’avis de l’approche à grand pas de la fête. Mais, il souhaite qu’il y ait moins de « plaqués » dans les deux camps.

O WADE Leral

Ousseynou Wade

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